🇪🇺🔵🇪🇺 UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays.
🇪🇺 Le séminaire informel tenu au château d’Alden-Biesen en février 2026 marque un tournant historique : il a officiellement ouvert la porte à une « Europe à deux vitesses ». Devant l’urgence de la compétition mondiale et l’inertie de la prise de décision à Vingt-Sept, ce sommet a cristallisé une nouvelle doctrine où l’unité ne doit plus être synonyme d’immobilité, mais de fédéralisme pour ceux qui le souhaitent… dont la France.
🇪🇺1. L’accélération de l’intégration : qui la soutient et qui la combat?
Le séminaire a révélé une fracture nette entre les pays souhaitant un « saut fédéral » immédiat pour survivre économiquement et ceux qui craignent une perte de souveraineté ou une marginalisation.
Les partisans de l’accélération :
L’Allemagne et la France (le moteur Merz-Macron) : le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron ont affiché un front uni pour réclamer une action plus rapide. Merz a été particulièrement explicite, affirmant qu’il ne pouvait plus accepter que « le dernier de la classe fixe le rythme ».
L’Italie : sous l’impulsion de Giorgia Meloni, l’Italie s’est alignée sur l’axe Berlin-Rome pour renforcer la base industrielle européenne, tout en restant prudente sur la question de la dette commune.
La Commission Européenne : dans un changement de paradigme majeur, Ursula von der Leyen a exhorté les capitales à ne pas reculer devant l’utilisation des « coopérations renforcées » prévues par les traités si le consensus est impossible.
Les experts Draghi et Letta : Mario Draghi a prévenu que sans une intégration profonde (énergie, sécurité, marchés de capitaux), l’Europe serait marginalisée par le bloc sino-américain.
Les opposants ou hésitants :
Le Groupe de Visegrád (partiel) : la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont manifesté leur opposition à une intégration forcée, notamment en refusant de participer à certains mécanismes de financement communs (comme l’aide à l’Ukraine via le budget de l’UE).
Les pays de tradition libre-échangiste : la Suède et les Pays-Bas, bien que partenaires économiques majeurs, craignent que l’accélération ne cache une dérive vers le protectionnisme, notamment via la clause « Buy European » (Préférence Européenne) poussée par la France.
🇪🇺2. L’Europe à deux vitesses : qui accepte le processus et qui le refuse?
L’initiative phare d’Alden-Biesen est la naissance du format « E6 » (ou Big Six), qui propose une coopération restreinte sur des domaines clés comme la défense et l’union des marchés de capitaux.
Ceux qui acceptent et portent le processus :
Le groupe des « E6 » : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas se sont réunis en amont du sommet pour définir un agenda concret. L’idée est de créer un noyau dur capable de prendre des décisions sans attendre l’unanimité des 27.
La Pologne : soutient activement le projet E6 pour accélérer l’Union des marchés de capitaux et renforcer la défense européenne, voyant là un moyen d’ancrer davantage son influence sécuritaire.
L’Espagne et les Pays-Bas : bien que prudents sur certains aspects budgétaires, ils acceptent le principe d’une coopération différenciée pour débloquer les dossiers industriels et technologiques.
Ceux qui refusent ou redoutent ce modèle :
Les « petits » États membres exportateurs : ils craignent qu’une Europe à deux vitesses ne crée un directoire des grandes puissances qui dicterait les règles du marché unique à leur détriment.
La Hongrie (Viktor Orbán) : identifiée comme le principal obstacle au consensus à 27, la Hongrie voit dans l’Europe à deux vitesses une tentative de contourner son droit de veto, ce qui affaiblirait son levier politique au sein de l’Union.
Les défenseurs de l’unanimité stricte : plusieurs pays d’Europe centrale et orientale craignent qu’en abandonnant le principe du consensus, l’Union ne perde son caractère démocratique et sa capacité à protéger les intérêts de tous les membres sans exception.
🇪🇺 Le séminaire d’Alden-Biesen a acté la fin de l’illusion d’une marche uniforme à Vingt-Sept. La conclusion principale est que la survie économique de l’Europe passera désormais par des groupes de pays volontaires.
L’abandon de l’unanimité : le passage au vote à la majorité qualifiée, même en politique étrangère, est devenu l’objectif prioritaire de l’axe franco-allemand, malgré les résistances persistantes de l’Est.
L’échéance de juin : Emmanuel Macron a fixé un ultimatum : si aucun progrès n’est fait sur le marché unique d’ici juin 2026, les États volontaires avanceront seuls.
En définitive, Alden-Biesen a transformé le concept d’Europe à deux vitesses d’une menace théorique en une stratégie opérationnelle assumée pour 2026.



