❗️🧮❗️La France suffoque !
❗️Dans les couloirs de Bercy aussi, malgré la climatisation, on suffoque. Inexorablement, comme la température qui monte, la dette du pays est hors de contrôle. Rien ou si peu à été anticipé dans un cas comme dans l’autre, mais pire, pour la dette, tout a été fait pour la nourrir et l’entretenir. Que la dette française franchisse un jour le mur des 3 500 milliards d’euros, près du double de ce qu’autorisent les traités européens, paraissait inimaginable. C’est pourtant chose faite et, au train où vont les choses, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher de percuter celui des 4 000 milliards. Il faut rappeler en outre qu’au cours de ces 9 dernières années, celle-ci a augmenté de près de 1300 milliards !!!
❗️Avec un déficit record de plus de 150 milliards l’an dernier, une croissance quasi nulle et des taux d’intérêt de 3 %, il n’est pas besoin d’en rajouter, la machine infernale s’autoalimente. La Cour des comptes, après la Banque de France, le FMI et tout ce que le monde compte d’experts, mais aussi de quelques parlementaires responsables, avertit sans prendre de gants que le pays court à la catastrophe. Elle supplie, pour la centième fois, les responsables politiques de tous bords d’en prendre conscience et d’apporter « des réponses rapides ». Non pas en augmentant les impôts, comme ce fut le cas jusqu’ici, mais en réalisant des économies dans un système social d’une générosité unique au monde.
Je ne cesse, avec d’autres à la commission des finances du Sénat, de dire la même chose depuis des années… en vain !
❗️Pas plus la dégradation de la situation que ces avertissements n’ont fait bouger d’un iota la conscience collective. À l’extrême gauche, on s’en remet sans rire à l’ardoise magique pour effacer la dette. Au RN, on imagine benoîtement demander une nouvelle dose de morphine à la BCE pour continuer à emprunter sans douleur. De gauche à droite et dans le vaste centre, on multiplie les promesses sans lendemain. Pendant que les autruches enfouissent leur tête dans le sable, la France perd un à un tous ses moyens. La multiplication des canicules nécessite un grand plan de climatisation des bâtiments publics ? Le réchauffement climatique exige des investissements massifs dans la décarbonation ? Le fléau de la délinquance mérite des financements d’urgence pour la police et la justice ? La montée des périls partout dans le monde commande un puissant effort de réarmement ? Nous n’avons pas le premier euro pour répondre à tous ces grands défis. À force de laxisme, la France organise sa propre impuissance, déjà bien visible chaque jour.
❗️Les intérêts versés par la France à ses créanciers devraient atteindre 77 milliards cette année et dépasser 100 milliards en 2029. La Cour des comptes met en garde contre un « effet boule de neige ». Loin d’être de la science-fiction, un tel « effet boule de neige » est aujourd’hui en effet, selon la Cour des comptes, « une menace sérieuse ». ❗️« L’étouffement par la dette n’est pas un risque, c’est une réalité de nos finances publiques », a déploré Carine Camby.
❗️Alors que faire!
❗️Jusqu’alors la légère baisse du déficit public n’a reposé que sur des hausses d’impôts, alors même que « la France est le pays dont le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de la zone euro », comme le rappelle la Cour des Comptes. « L’effort a porté sur le plus facile : l’augmentation des impôts et des cotisations sociales », tance la présidente de chambre, alors que « les économies sur les dépenses ont été une nouvelle fois repoussées ». Les prélèvements obligatoires ont ainsi augmenté de 51 milliards d’euros en 2025, pour dépasser les 1 300 milliards. « Après une longue séquence de baisse des prélèvements entre 2015 et 2023, le retournement engagé en 2024 s’accentue donc nettement en 2025 », enfonce le rapport. Une dynamique qui devrait se poursuivre en 2026, avec une hausse de 44 milliards d’euros, prévoit la cour. La dépense publique a, quant à elle, continué d’augmenter (+ 1,4 % en 2025).
❗️Critiquable, cette hausse importante de la fiscalité ne suffit même pas à renverser la tendance. « La France demeure le troisième pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce (146,1 points de PIB) et l’Italie (137,1 points de PIB) », assène le rapport de la cour. « Elle est la seule parmi les pays endettés de la zone euro à ne pas avoir fait refluer son ratio de dette publique depuis la fin de la crise sanitaire. » Derrière ces chiffres alarmants, le risque est que le pays ne puisse plus financer ses ambitions politiques. « La croissance rapide de l’endettement public et de la charge d’intérêts qu’il entraîne chaque année, d’ores et déjà supérieure à l’investissement national dans l’éducation ou la défense, devrait agir comme un signal d’alarme. »
❗️Seule une baisse drastique de la dépense publique, qui doit concerner d’abord la sphère sociale, qui pour sauvegarder notre modèle doit être profondément réformée, mais aussi résider en un amaigrissement des dépenses de l’Etat recentrées sur le seul régalien et enfin reposer sur une décentralisation responsable de larges pans de nos politiques publiques, peut permettre d’amorcer un sursaut assis sur le courage et la juste répartition des efforts de chacun.



