L’ardente obligation de proposer une voie nouvelle

23 janvier 2023

📰📰📰 L’ardente obligation de proposer une voie nouvelle…

📰 Je partage avec vous deux lectures récentes, un article de Jean-Pierre Le Goff et un autre de Christophe Guilluy, qui font des constats et des analyses qui sont aussi les miennes. Je vous encourage à les lire attentivement. Nous devons y répondre.

📰 Le rapport au travail, dont la réaction face à la réforme des retraites n’est qu’un symptôme, ou la confiance dans la parole publique et la représentation de la classe moyenne, sont deux sujets essentiels. J’y ajouterai volontiers la nécessité de trouver un nouvel équilibre européen tant on voit à l’occasion des 60 ans du traité de l’Elysee que les relations entre la France et l’Allemagne sont mal en point (regardez juste l’écart entre les 2 photos).

📰 Ils appellent réforme institutionnelle et renforcement de la décentralisation, comme je le propose dans mon récent point presse dont le journal « La Montagne » a déjà bien voulu rendre compte dans son édition du jour. Je l’en remercie. Je partagerai les autres articles de la presse locale et je joins ci-après la trame de l’essentiel de mes propos.

📰 Il nous appartient collectivement d’y répondre et de proposer une voie pour faire que notre pays et nos concitoyens retrouvent une espérance, un souffle et au final reprendre possession de notre destin.

📰 VERBATIM :
💬 « Chacun perçoit que nous vivons une situation de « cul par-dessus tête » : pandémie, guerre aux portes de l’Europe, une Europe cacophonique où la voix de la France est faible, des services de santé et d’éducation en souffrance, la brutalité d’une transitio énergétique et climatique qui accroît les coûts et la pénurie, un déclassement croissant qui fait que chacun a de plus en plus de mal à vivre de son travail, une industrie, une agriculture qui se délitent, une crise démocratique et peut-être bientôt institutionnelle.

❗️Nous sommes entrés dans une ère de vulnérabilité systématique.
Nous allons revenir à des économies de la raréfaction, entrer dans des modes récurrents dits « dégradés ». Nous allons les vivre dans notre vie quotidienne.
Nous nous sentons tous « dépossédés ». Nous touchons désormais à l’existentiel qui concerne au moins autant notre niveau de vie que notre cadre de vie, autant le matériel que l’immatériel.
Alors sachons enfin écouter et répondre.
Sachons nous engager sur un chemin nouveau, fait de collectif et de participation, de courage et de vérité, d’audace et de clarté, de fin du dogme européen de la concurrence pure et entière, mais aussi du refus de la dictature des minorités.
Il n’y a, dans nos territoires, ni fatalisme, ni renoncement, mais au contraire une vitalité, une envie de faire qui ne demande qu’à s’épanouir. Laissons nos territoires et ceux qui y vivent respirer, notre ruralité, entreprendre et expérimenter. Laissons-les décider de ce qui les concernent au quotidien et pour leur avenir.
Nos îlots d’expérimentation locale peuvent nous permettre de garder l’espérance. Sur le terrain, il y a quantité d’innovations, d’initiatives intéressantes. Le Cantal et les Cantaliens savent aussi en faire preuve. Pas de « top-down » mais du « bottom-up » avec les acteurs locaux. Les individus et les élus locaux doivent se ressaisir de leur pouvoir d’agir dans les domaines qui les concernent.
Cette tendance à la re-politisation à partir des territoires n’est pas encore perceptible. C’est une des reconquêtes importantes à venir. C’est le sens de mon initiative visant à créer le « Club Tocqueville du Cantal » .

❗️Les enjeux nationaux majeurs tournent autour de la souveraineté.
L’Etat, l’industrie, la classe moyenne et l’énergie, constituent nos enjeux majeurs de souveraineté pour reprendre possession de notre destin commun.
Pour y répondre il faut repartir des territoires, refaire du commun pour changer notre système.
Une part croissante des Français a pris ses distances avec le monde politique.
Une logique absurde de la rationalisation, des quotas, des références à l’habitant, prévaut aujourd’hui dans bon nombre de domaines (écoles, maisons de retraites, urbanisme…). Elle fait perdre le sens et la confiance, elle ne correspond à aucune vision, mais seulement à une approche de court terme qui ne cesse de montrer chaque jour les limites de notre système, celle d’une dépense publique inefficace.
Certains veulent réduire notre orchestre symphonique de 35.000 communes, à quelques grands ensembles, faire taire notre décentralisation pour gérer de manière éloignée et aveugle… Je tire la sonnette d’alarme pour que nous reprenions possession de notre avenir tant qu’il est encore temps, sortir de cette bureaucratie excessive et renforcer enfin la décentralisation. J’ai informé les Maires dès le 20 décembre du cadre budgétaire 2023 au cours duquel l’inflation va tous nous impacter.

❗️Ces postures impactent aussi nos débats nationaux. Il suffit de regarder la manière dont le débat sur les retraites est conduit sur la forme par-delà le fond, alors qu’une majorité reconnait la nécessité d’une réforme. J’espère que nous ne sommes pas condamnés à ce « théâtre » stérile qui semble encore vouloir se rejouer, pour une réforme pourtant bien timide mais pas suffisamment respectueuse de ceux qui ont déjà beaucoup travaillé (comment imaginer faire cotiser plus de 43 ans ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans ?!) et qui s’inscrit dans un calendrier peu judicieux. Il existe d’autres approches qui amélioreraient le niveau de vie des futurs retraités et permettrait de réduire la dette publique, de responsabiliser des actifs devenus maîtres de leurs choix, et de faire preuve de davantage de justice.

❗️Aujourd’hui, il faut redonner la parole au peuple. C’est un risque bien-sûr, mais c’est aussi le rendez-vous que nous fixe l’histoire, en faisant des choix clairs qui ne peuvent plus être conjugués avec le « en même temps ». Notre dette, nos niveaux de déficits et de prélèvements l’exigent. La modification de notre rapport au travail l’impose.
A ce titre, pour permettre de redonner la parole de manière constructive et à partir du local, je propose de traiter deux questions qui me semblent majeures pour :
👉 Donner enfin du pouvoir aux territoires par une décentralisation politique aboutie, qui pourrait concerner nos services publics de l’école et de la santé, mais aussi les capacités locales à décider de son avenir autour de l’urbanisme, de l’eau, de l’énergie et des réseaux plus largement, des infrastructures nécessaires à l’aménagement de nos territoires, ou encore définir les moyens dont doivent disposer les collectivités françaises (les collectivités territoriales ne représentent en France que 19 % du total de la dépense publique contre une moyenne européenne proche de 40 % selon le degré de décentralisation, mais assument plus de 70 % du total de l’investissement public), et enfin débureaucratiser nos process et rendre une indispensable liberté aux élus comme aux citoyens. Cela permettra à l’Etat de se recentrer sur ses missions essentielles plutôt que d’être omnipotent et inefficace.
👉 Amorcer une nouvelle étape de respiration démocratique par l’instauration du vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc, qui permettrait de réinvestir chacun dans une posture citoyenne, obligeant les futurs élus à répondre aux transformations systémiques désormais indispensables. Il s’agit bien sûr d’une composante d’une réforme institutionnelle plus large qui devra permettre un recours plus conséquent aux votations locales, permettre un meilleur équilibre des pouvoirs (notamment judiciaire) et donner au Parlement les moyens d’agir. Des propositions seront prochainement faites en ce sens au niveau du Sénat.

Il nous appartient de créer collectivement les conditions pour que ces questions soient posées à chacun de manière sincère, dans l’intérêt de tous.💬 »





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