Points de vueLa question essentielle de l’énergie nucléaire en France.

21 juillet 2021
💥 Ce matin, mon collègue Stéphane Piednoir, sénateur du Maine et Loire, membre de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques), à l’invitation du groupe de travail « Environnement, Climat, Énergie » présidé par Jean-François Husson et Didier Mandelli, nous a présenté ses travaux relatifs à la filière nucléaire française.
💥 Son rapport, réalisé avec Thomas Gassilloud, député, suite notamment à une demande de André Chassaigne, député, relatif aux conséquences de l’arrêt du projet de réacteur nucléaire #Astrid et plus largement à l’énergie nucléaire du futur, a été présenté officiellement présenté aujourd’hui même.
💥 Rappelons que la France depuis 1945 a développé une filière d’excellence dans le nucléaire civil qui faisait de notre pays jusqu’à il y a peu encore la référence mondiale en la matière. Avec un parc de 56 réacteurs nucléaires, la part du nucléaire représente encore 70% de la production d’électricité et couvre 25% des besoins de notre énergie totale. Depuis la désastreuse décision prise sous le quinquennat précédant visant à ramener de 75 à 50% la part du nucléaire, pour se plier aux décisions allemandes dans un calendrier intenable, notre pays a perdu savoir faire et visibilité de son action, avec un vrai risque « d’effet falaise » au regard de notre parc vieillissant et de la remise en cause du projet Astrid lancé par Jacques Chirac en 2006, visant à préserver les acquis scientifiques et technologiques dans le domaine. Il s’agit, pour faire simple, en fait de doter la France d’une capacité de production d’électricité durant plusieurs centaines d’années, de renforcer le cycle fermé et de réemployer les déchets nucléaires.
💥 Face à un nouveau renoncement en catimini depuis 2017, les risques sont nombreux :
📍signal d’un changement historique de stratégie,
📍perte de fiabilité,
📍remise en cause de notre souveraineté énergétique,
📍perte de compétences dans la filière…
💥 Rappelons que le nucléaire est la troisième industrie du pays avec 220.000 emplois, qu’elle nous permet d’avoir une vraie réponse en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (la France n’émet que 0,9% des émissions mondiales de CO2 contre 2,2% pour l’Allemagne ou 14,5% pour les USA par exemple), que l’augmentation de la demande en électricité va renforcer la nécessité d’une production pilotable et décarbonée, que le nucléaire permet aux français d’avoir un prix de l’électricité 50% moins cher que nos voisins.
💥 Alors que la plupart des autres grands pays : Chine, Inde, Russie, Turquie, États Unis, Royaume Uni, Finlande … ont des constructions en cours ou des projets, la France risque de décrocher.
💥 Les recommandations de l’OPECST portent sur :
📍une meilleure consultation du parlement,
📍la construction d’une nouvelle stratégie,
📍le financement de construction d’EPR,
📍le soutien au projet SMR (réacteurs de plus petite capacité pouvant être construits en série),
📍l’incarnation d’une dynamique en substitution des modes de production polluants,
📍le maintien de l’effort sur le projet international ITER visant à développer non plus la fission nucléaire mais la fusion ce qui nous donnerait accès à une énergie inépuisable mais pour laquelle les perspectives sont encore lointaines (2100).
💥 Même quelqu’un comme Yann Arthus-Bertrand reconnaît aujourd’hui la nécessité du nucléaire.
Alors que la France dispose d’une autorité de sûreté nucléaire les plus efficaces du monde et que la question du refroidissement de l’eau est de plus en plus respectueuse de l’environnement, sa place dans notre mix énergétique, dans notre industrie, doit être un des sujets majeurs de la prochaine élection présidentielle.
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