🆘 Le drame français : un Français est désormais moins riche qu’un Européen !
❗️Pour la troisième année consécutive, le PIB par habitant français est inférieur à la moyenne européenne.
❗️En 2024, selon l’Insee, le PIB par habitant de la France a été inférieur à la moyenne des pays de l’Union européenne. Dit de façon directe et non technique : en moyenne, un Français est aujourd’hui moins riche qu’un Européen. Nous sommes passés dans la deuxième partie du classement. Est-ce conjoncturel ou s’agit-il d’une tendance de fond ? Deux indices permettent de répondre à la question. D’abord, même si les chiffres sont à ce stade provisoires, c’est la troisième année consécutive que le PIB par habitant français passe en dessous de la moyenne européenne, après une érosion continue de son avance.
❗️Ensuite, quand on regarde les séries longues (en prix constants pour neutraliser les différences d’inflation, et en parité de pouvoir d’achat), deux phénomènes apparaissent clairement. D’une part, les pays qui avaient auparavant le même niveau de vie que nous, sont désormais devant. Par exemple, nous avions le même niveau de vie que les Allemands (RFA) en 1975, mais il est devenu inférieur de 6 % en 2000 (malgré la réunification) et de 11 % en 2024. De même, les Danois vivaient déjà mieux que nous en 1975 (13 %), mais ils ont accru leur avance en 2000 (19 %) et en 2024 (23 %).
❗️D’autre part, les pays qui étaient derrière nous en termes de niveau de vie nous ont rattrapés. Par exemple, le Royaume-Uni avait un PIB par habitant inférieur de 12 % à celui de la France en 1975. L’écart a été divisé par deux en vingt-cinq ans (6 % en 2000) et n’existe plus aujourd’hui, malgré le Brexit. Moins spectaculaire, mais toujours dans le même sens, la comparaison avec les Espagnols : 20 % d’écart en 1975, 18 % en 2000, 16 % aujourd’hui. Plus logiquement, certains pays d’Europe centrale comme la Pologne font une vraie remontada : 60 % d’écart de niveau de vie en 2000, mais seulement 20 % en 2024. A ce rythme-là, un Français et un Polonais auront le même niveau de vie à la fin du prochain quinquennat.
❗️Les causes de ce lent, constant et pénible déclassement national sont bien identifiées : nous sommes devenus moins bien formés et moins compétents que 25 autres pays de l’OCDE (13e place dans le classement Pisa de 1999, mais 26e dans celui de 2024 et 26e également dans le classement PIAAC pour les actifs), nous sommes le peuple d’Europe qui travaille le moins pendant la vie (et non pendant l’année, contrairement à un préjugé rabâché) et nous ne compensons plus ce moindre travail par une meilleure productivité (7e productivité horaire en 2000, 14e aujourd’hui).
❗️Les budgets 2026 (Etat et Sécurité sociale) vont nous enfoncer un peu plus dans la vase : baisse de l’investissement dans les compétences (suppression de postes dans l’enseignement, diminution du soutien à la formation des jeunes en apprentissage), réduction du temps de travail pendant la vie (annulation partielle de la réforme des retraites), diminution de l’investissement dans les industries du futur qui feront la productivité de demain.
❗️On dira cette analyse exagérément défaitiste. Mais comme en 1940, le défaitisme consiste au contraire à penser que les Français, face à une adversité exceptionnelle, ne sont pas prêts à se battre. Et pourtant, qui a envie, en France, que ses enfants vivent moins bien que soi ? Qui a envie de confier sa sécurité militaire et numérique aux Etats-Unis, et sa prospérité matérielle à la Chine ? Politiques, experts, journalistes, citoyens qui ne se résignent pas au fossé ne doivent rien lâcher sur la vérité et faire le pari du peuple, comme dans tous les moments décisifs : si nous voulons renouer avec le progrès et préserver notre liberté, nous devons faire un effort historique d’éducation, d’investissement et de travail, soit le contraire de ce que nous faisons depuis cinquante ans.



