Une règle d’or pour redresser la France et pour qu’elle ne sorte pas de l’Histoire….

9 avril 2026

🧮 Une règle d’or pour redresser la France et pour qu’elle ne sorte pas de l’Histoire.

❗️La France n’a plus un problème de diagnostic mais d’exécution. Nous savons que nous sommes trop endettés. Que nos déficits dérivent. Que chaque hausse de taux réduit un peu plus notre capacité à investir dans l’école, la santé, la défense, l’industrie, la transition énergétique… Tout cela a été dit, répété, documenté. Ce qui manque, c’est une méthode pour agir, une architecture politique qui oblige enfin la France à tenir sa parole dans la durée. D’où cette proposition, que je porte depuis longtemps et dont je me réjouis que Thierry Breton se fasse le défenseur : bâtir, d’ici à 2027, un socle d’engagements pour la nation au-delà d’un quinquennat. Une règle d’or budgétaire, tout d’abord. Elle en sera la clé de voûte. Puis des règles d’or sectorielles qui déclinent, concrètement, ce que nous jugeons indispensable pour les Français et pour que la France reste une puissance qui compte.

❗️Le débat public français pour redresser le pays reste prisonnier d’une illusion. Nous avons l’inventaire des propositions, des plans, des rapports, des promesses. Ce qui fait défaut, c’est le cadre d’exécution qui oblige à prioriser, arbitrer, tenir le cap au-delà de l’humeur du moment. Ce qui nous manque, ce ne sont pas des idées, mais un contrat de méthode. La règle d’or est précisément cela : une manière de graver des engagements simples, lisibles, contrôlables, qui structurent l’action publique dans le temps long. Ce n’est pas un slogan. C’est un objectif clair, compréhensible par tous. Un horizon qui dépasse un mandat.

❗️Adoptons d’abord une règle d’or budgétaire limitant le déficit public à 1 % du PIB à partir de 2032, avec une trajectoire 2027-2032 fixée à l’avance et gravée dans notre droit supérieur. Non pour faire plaisir à telle ou telle institution, mais parce que, sans cadre budgétaire crédible, tout le reste – l’école, l’hôpital, la réindustrialisation, l’énergie, la défense – n’est qu’un catalogue d’intentions financées à crédit. Cette règle d’or devra être adoptée à la ­majorité des trois cinquièmes par le Congrès réuni à ­Versailles. Elle suppose d’ores et déjà plusieurs décisions fortes : arrêter, avant 2027, une trajectoire pluriannuelle de réduction des déficits jusqu’en 2032 et confier au Conseil constitutionnel la responsabilité d’en être le garant.

❗️La règle d’or budgétaire n’est pas l’ennemie de nos ambitions. Elle en est la condition. Une France qui maîtrise durablement ses déficits paie moins cher sa dette, retrouve des marges de manœuvre, peut peser davantage en Europe et à l’international. Sans cette clé de voûte, aucune politique de long terme n’est crédible.

❗️Une autre évidence consiste à accepter que remettre la France sur rails prendra du temps. Le temps de redessiner la structure de la dépense, réorienter nos efforts vers l’investissement productif et le capital humain, réformer notre État-providence sans le casser, reconstruire une souveraineté énergétique, rehausser notre effort de défense. Or, dans un mélange de volontarisme affiché et de bricolage budgétaire, nous faisons à chaque début de quinquennat comme si tout devait se jouer en quelques mois. Il faut briser ce cycle. La règle d’or crée, par définition, un temps long républicain : la majorité de 2027 devra, comme celle de 2032, composer avec une trajectoire préétablie et débattue. Ce n’est pas réduire la souveraineté démocratique. C’est la hausser d’un cran. C’est accepter que des décisions structurantes pour notre souveraineté ne soient plus monnayables.

❗️Une fois cette clé de voûte budgétaire arrêtée, viendra le temps de proposer et débattre dix règles d’or « sectorielles » pour refonder le cadre d’action de la France entre 2027 et 2032, sous encadrement budgétaire mais avec une vision stratégique partagée. Elles visent à garantir un niveau minimal d’investissement productif dans les secteurs clés (industrie, agroalimentaire, recherche, défense) ; une trajectoire énergétique stable et cohérente sur vingt ans ; la maîtrise nationale et européenne des technologies critiques (IA, quantique, biotech) ; la valorisation du capital humain par l’éducation, la formation et la santé ; la soutenabilité d’un État-providence recentré sur l’équité et la démographie ; une politique migratoire fondée sur l’intégration républicaine ; une sécurité assurée sur tous les territoires et adaptée aux menaces nouvelles ; une défense sanctuarisée ; l’égalité territoriale des services publics ; et une participation citoyenne accrue dans la définition des orientations nationales.

❗️Par ailleurs, appelons à bâtir dès maintenant le socle républicain du quinquennat 2027-2032. Non pas un programme de promesses, mais un cadre partagé, discuté avec les forces vives de la nation. Si nous fixons dès aujourd’hui la clé de voûte budgétaire et nos règles d’or sectorielles, la campagne de 2027 ne sera plus un concours de promesses sans lendemain. La France ne peut plus se le permettre.

❗️Ni unanimisme ni gouvernement d’union nationale, l’union sacrée dont la France a besoin, c’est un accord sur ce qui ne doit plus être remis en cause de 2027 à 2032. Sous cette clé de voûte, les partis pourront évidemment pouvoir continuer à débattre, diverger, proposer. D’ici à avril 2027, nous avons donc la possibilité – et la responsabilité – d’ouvrir un travail transpartisan, associant partis, partenaires sociaux, élus locaux, filières économiques, intellectuels, chercheurs, société civile, pour définir dix règles d’or. Ce travail doit être fait avant l’élection. Si nous l’ajournons, la prochaine majorité improvisera à nouveau sous la menace de la contrainte budgétaire et des urgences. Elle poursuivra ce cycle d’illusions où chaque majorité découvre, après coup, que le réel ne s’ajuste pas aux slogans. Une règle d’or budgétaire à 1 %, c’est la condition d’un sursaut national, d’une parole publique rendue crédible, d’une République respectée au-dedans comme au-dehors.

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