🧮 Participation au comité d’alerte des finances publiques ce matin à Bercy : alerte rouge, pilotage à vue et collectivités bouc émissaire ! Attention danger !
❗️Ce n’est pas un renoncement officiel, mais cela y ressemble. L’objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2026 semble aujourd’hui difficile à atteindre de l’aveu même du ministre de l’Economie, Roland Lescure qui n’avait pas de mots assez sévères à l’encontre du Sénat lors du vote du PLF et qui avait ouvert les vannes pour acheter les voix socialistes a l’Assemblée nationale. Un responsable qui avoue son inefficace son irresponsabilité !
❗️Notre rapporteur général du budget, Jean-François Husson, ne s’y est pas trompé : « Pour moi, cela veut dire qu’ils ont fait une croix sur l’objectif. Je suis atterré. »
❗️Pendant trois heures, ce mardi, le gouvernement a détaillé la situation, que nous connaissions déjà pour l’essentiel, aux participants du Comité d’alerte : parlementaires, représentants des administrations, des collectivités locales et des partenaires sociaux. L’activité économique devrait progresser moins vite qu’espéré cette année, on le savait déjà et les défaillances d’entreprises hélas se multiplient. Déjà en avril dernier, le gouvernement avait abaissé sa prévision de croissance du PIB en 2026, de 1 % à 0,9 %. Désormais, il n’attend plus qu’une hausse de 0,7 %. Nous avions dénoncé cette approche trop optimiste et il est même probable qu’il faudra encore la revoir à la baisse! Le consensus des économistes sont encore plus pessimistes avec une prévision de 0,5 %. Logiquement, ce ralentissement de l’activité devrait peser sur les rentrées de cotisations sociales et d’impôts, même si le gouvernement avoue naviguer à vue là aussi !
❗️Deuxième annonce d’importance : face aux dépenses publiques qui continuent de déraper, le gouvernement va prendre des mesures pour économiser 3 milliards d’euros supplémentaires, après les 6 milliers déjà gelés, d’ici à la fin de l’année. Les crédits des ministères et des opérateurs de l’Etat seront rabotés de 2 milliards – sans que l’on sache à ce stade qui sera mis à contribution. Et les dépenses de Sécurité sociale seront diminuées de 1 milliard d’euros, sans que l’on connaisse non plus le levier que compte actionner Sébastien Lecornu ou son calendrier. On a quand même passé trois heures à ne pas savoir où est-ce qu’ils vont couper exactement ! C’est affligeant.
❗️Pour résumer, depuis le début de l’année, le gouvernement estime que la guerre en Iran et ses conséquences ont fait gonfler les dépenses publiques de 9 milliards d’euros (6 milliards annoncés en avril, plus 3 milliards annoncés ce mardi). Les deux tiers de ce surcoût relèvent des dépenses de l’Etat (charge de la dette en hausse, dépenses militaires, aides aux ménages et aux entreprises…), un tiers, des dépenses de Sécurité sociale.
❗️Et en réaction, des mesures symétriques (ou presque) ont été annoncées pour compenser ces hausses de dépenses « à l’euro près », selon la formule qu’affectionne le ministre des comptes publics, David Amiel. Les 3 milliards d’économies annoncées (mais non détaillées) viennent en effet s’ajouter aux mesures décidées au printemps : le gel du barème des allègements de charges patronales sur les bas salaires, qui doit permettre d’économiser 2,2 milliards d’euros sur la sphère sociale, et une première salve d’annulations et de gels de crédits dans les ministères pour 2,6 milliards d’euros.
❗️Il reste deux inconnues de taille. La première concerne les dépenses. « On a aujourd’hui un risque à hauteur de 2 milliards d’euros sur les dépenses des collectivités locales », a souligné David Amiel. On a bien senti revenir l’intention du gouvernement et de certains députés de pointer du doigt la responsabilité des élus locaux, alors que leurs représentants ont rappelé à raison que jamais les collectivités n’ont fait autant d’effort de gestion et que les 2 milliards en question correspondent à l’imputation dans le budget de fonctionnement des collectivités des décisions du gouvernement : mise en place du Dilico et cotisation CNRACL, couvrent à elle seul ce montant. Il n’est plus possible de venir faire impunément les poches des collectivités (voir mon article d’hier et la reprise des arguments par la Gazette des communes).
❗️La deuxième concerne les recettes. Si la croissance est effectivement en berne et que les caisses du fisc et de l’Urssaf se remplissent moins que prévu, le gouvernement n’a annoncé aucune mesure de compensation à ce stade. Voilà qui ressemble à du cabotage budgétaire…
❗️Pas un mot sur l’objectif permettant d’atteindre la cible de 3 % de déficit en 2029, rien sur la cible pour 2027 qui arrive dans six mois, rien sur l’engagement de tenir l’objectif pour 2026, le retour d’un procès fait aux collectivités … Bref une
❗️Comme le dit Jean-François Husson, pour paraphraser « l’excellent ministre Lescure » : « Allo l’Elysée, Matignon, ‘we are’ dans la mouise. », dans l’introduction de son communiqué joint !







