Les questions internationales s’imposent dans le quotidien des Français. Le Mercosur en est aujourd’hui le symbole !

7 janvier 2026

🌏 Les questions internationales s’imposent dans le quotidien des Français. Le Mercosur en est aujourd’hui le symbole !

🔜 La catastrophe budgétaire qui va sans doute se produire dans les prochaines semaines, risquent pourtant d’être éclipsée par les catastrophes internationales que nous connaissons et par le psychodrame du Mercosur où la France est en train de perdre ce qui pourrait précipiter la chute du gouvernement malgré les concessions éhontées qu’il s’apprête encore à faire sur le budget.
Je partage ici quelques billets récents publiés dans la presse nationale pour éclairer la réflexion de chacun.

🔜 L’actualité internationale va-t-elle plus largement structurer la prochaine campagne présidentielle ? Il faut encore rester prudent. Dans la caisse de résonance médiatique, un sujet « domestique » peut vite chasser un événement étranger. La vague de neige et de froid a pris le relais du Venezuela dans la hiérarchie de l’actualité. Mais un tournant structurel s’opère. Plusieurs frontières sont en train de s’effacer. À commencer par celle entre affaires nationales et affaires internationales. C’est flagrant avec le conflit au Proche-Orient dont les répliques se font sentir dans la société française. D’où l’exacerbation de la question palestinienne par exemple. La guerre en Ukraine ou les initiatives de Donald Trump sont aussi regardées en fonction de leur impact sur la vie quotidienne, comme le cours des matières premières ou la crainte d’une implication nationale croissante.

🔜 La frontière s’efface également entre le diplomatique et l’économique. Les droits de douane imposés par Trump ont plus de conséquences concrètes sur l’agriculture ou l’industrie françaises qu’un amendement au budget. Sans parler de la stratégie industrielle et commerciale chinoise. C’est flagrant aussi dans le domaine agricole. On le voit avec les négociations avec le Mercosur, où la volonté de la présidente de la Commission européenne pèse infiniment plus que les promesses de la ministre française de l’Agriculture. Pour les aspirants à l’Élysée, il n’y a plus de projet économique qui tienne s’il n’est pas adossé à une stratégie géopolitique. Et la faiblesse croissante de notre pays dans le giron européen et international ne peut à cet égard qu’inquiéter.

🔜 L’opinion en a conscience. Ce n’est pas un hasard si, pour la première fois depuis dix ans, Donald Trump a été la personnalité la plus médiatisée en France, devant Emmanuel Macron. Comme le dit un proche du chef de l’État, « le salon des Français est devenu ovale, même s’ils n’ont pas encore changé la place de leurs ­meubles ». C’est ce qui lui permet d’ajouter que Donald Trump sera le « troisième participant » du débat d’entre-deux-tours de la présidentielle. Les choix du président américain – comme la détermination du président russe – obligeront tous les prétendants à l’Élysée à repenser un nouveau modèle de « puissance » aussi militaire qu’économique et commercial pour permettre à la France d’exister, à défaut de peser, dans le monde de ­demain. C’est ce que certains font déjà en actant la primauté de la loi du plus fort dans l’équilibre international. C’est que d’autres veulent combattre en s’inscrivant dans une démarche de liberté mais aussi de protection.

🔜 La séquence Mercosur, quelle que soit sa conclusion, est terrible. Elle acte en Europe l’effacement français. « La France ne fait plus illusion. Vie politique en lambeaux, économie flageolante, pas de budget. Elle n’a plus une position assez claire, des objectifs assez lisibles pour peser, et cela se lit sur tous les dossiers agricoles structurants, déplore Yves Madre à la tête du think tank Farm Europ, à Bruxelles. Certes, elle se fait entendre… Mais personne ne l’écoute plus. »
Aujourd’hui, c’est l’axe Rome-Berlin qui s’impose. La France a réussi à perdre sur un de ses sujets de prédilection. Elle n’est absolument plus au centre du jeu. Une position floue, réactive, qui a fait dire à de nombreux diplomates de pays étrangers que la France était définitivement perdue pour la cause. Qu’il fallait faire sans elle.
Un vote positif sur le Mercosur déclencherait, en outre, un retour de bâton sévère sur la scène politique intérieure. Les motions de censure sont déjà en train de chauffer, si le texte passe. Que la France le valide, et il y aura des députés pour les voter, peut-être majoritairement. Surinfection de la crise de régime en vue…

🔜 Pour sauvegarder une relative paix nationale, l’Elysée pourrait donc s’abstenir. Une petite hypocrisie aux grandes conséquences. D’une part, cela ne bloquerait pas le texte, qui passera à la majorité qualifiée. D’autre part, cela révélerait les lacunes de la stratégie de la France. Elle est allée trop loin pour faire marche arrière et dire oui. Elle a été trop faible pour rallier des partenaires et imposer le non.

🔜 Reste l’hypothèse de voter contre le texte. Cela présente peut-être l’avantage, dans l’esprit de l’exécutif, de pouvoir faire valoir, en pleine crise agricole, un indéfectible soutien aux paysans et de calmer leur colère. Illusoire. Ils ne sont pas dupes. Ils ont compris que si Emmanuel Macron a changé d’avis une première fois en 2023 sur le Mercosur, auquel il était jusqu’alors favorable, c’était déjà pour tenter de les calmer. Mais ça n’a été que superficiel. Il n’y a pas eu d’acte politique fort, structurant, pour requinquer le secteur, alors que l’instabilité politique s’installait. Le Mercosur est utilisé par l’exécutif comme un bouc émissaire commode, alors qu’il est incapable de réagir devant la dégringolade agricole. On en est là parce que la France n’a pas géré les dossiers nationaux, qu’elle n’a pas élaboré une vraie stratégie ambitieuse pour ses filières de production, qu’elle a massacré la compétitivité de son agriculture, parce qu’elle est faible. Résultat, Emmanuel Macron est en train de donner des arguments aux anti-européens. Plus grave encore, un « non » français reviendrait à perdre totalement la face en Europe. La France se retrouverait cornérisée par son refus avec la Pologne et surtout la Hongrie – qui s’est spécialisée dans l’antijeu européen. Le membre fondateur, l’ex-bon élève, collé avec le cancre.

🔜 La séquence Mercosur, quelle que soit sa conclusion, est terrible. Elle acte en Europe l’effacement français. Remonter la pente va être long et difficile, et pourtant indispensable. Ce sera un des chantiers majeurs de l’après 2027.





Contact permanence
04 71 64 21 38
1 rue Pasteur, 15000 Aurillac
Contact
04 71 64 21 38
1 rue Pasteur, 15000 Aurillac