🔴 Déficit : l’addition se paiera aussi à Bruxelles
❗️La nouvelle est passée un peu inaperçue, éclipsée par d’autres actualités dramatiques, mais les prévisions économiques publiées mercredi par la Commission européenne ont de quoi inquiéter les autorités françaises. Bruxelles anticipe un taux de chômage qui pourrait se rapprocher de 8 % l’an prochain, et surtout un déficit public toujours considérable, à 5 % de PIB. Soit un écart de près de 1 point avec l’engagement du gouvernement français, malgré une croissance attendue à 1,3 %.
❗️Bercy relativise, en soulignant que cette prévision ne prend pas en compte les mesures à venir dans le prochain budget. Mais justement, cela donne une idée assez précise de l’ampleur de l’effort à accomplir : autour de 25 milliards d’euros. Un gouffre. Et la Commission d’ajouter qu’un tel plan de redressement minorerait forcément la croissance et donc les recettes fiscales. Bref, ça ne colle pas, ce que disait déjà le Haut conseil des finances publiques le mois dernier… Et ce que nous disons à la commission des finances du Sénat depuis des mois sans être entendu !
❗️L’heure des comptes se rapproche donc, mais elle n’a pas encore sonné. Afin de ne pas interférer dans la campagne des élections européennes, la Commission a en effet renvoyé à plus tard ses recommandations. Le calendrier est déjà néanmoins bien balisé : après le verdict de Standard & Poor’s sur la dette française à la fin du mois, la France devrait être mise sous procédure de déficit excessif par la Commission mi-juin, et un bras de fer commencera à l’été sur le budget 2025 et la trajectoire de retour sous les 3 % de déficit d’ici à 2027.
❗️La France ne sera certes pas la seule dans le viseur (une dizaine d’Etats membres dépassant les 3 % devraient être mis sous surveillance), mais elle apparaît de plus en plus décalée par rapport au reste de la zone euro. Et surtout de l’Allemagne dont le déficit serait à peine supérieur à 1 % l’an prochain…Sans réactions fortes, la France s’expose à 3 milliards d’euros de sanctions par an.
❗️Dans sa longue interview à « la Tribune dimanche », il y a dix jours, Emmanuel Macron semblait considérer que le plus dur était fait avec les coups de rabot réalisés cette année (« une réponse conjoncturelle à un choc conjoncturel »). Mais la réalité est tout autre : le plus dur reste à faire, et l’on ne voit guère de pistes d’économies ambitieuses fleurir.
❗️La stabilité fiscale est un acquis précieux qu’il faut garantir, sera-ce vraiment encore le cas après le 9 juin. Mieux il faudra amorcer la de la pression fiscale qui est en France la plus élevée ou presque de l’OCDE, sans réelle efficacité, dès que nous aurons rétablir les fondamentaux de nos comptes publics. Elle doit d’urgence s’accompagner des mesures d’économies et de réformes dans la sphère publique qui ont été trop longtemps repoussées, ce qui les rend d’autant plus difficile.
❗️Dopé à l’argent public, dupé par un « quoi qu’il en coûte » qui a conforté l’illusion d’un argent magique, notre société sait pourtant qu’il est nécessaire de faire enfin preuve de courage et de justice pour garantir le système français auquel nous sommes tous attachés et qui doit être profondément réformé, faute de quoi il s’effondrera.
❗️Les rendez-vous post 9 juin sont nombreux tant nous avons attendu, procrastiné et différé, même si cela ne trompe plus personne.
📰⬇️ Voir l’article des Échos du jour





