
Un vrai succĂšs pour ce rassemblement traditionnel autour du livre de jeunesse et dâune vingtaine dâauteurs, avec en invitĂ©e phare cette annĂ©e Natali Fortier. Chapiteau des auteurs, exposition, prĂ©sence dans les Ă©coles et collĂšges du territoire⊠: tous au spectacle !
La mairie de Pleaux autour de son Maire David Peyral et la communautĂ© de communes de Salers autour de son PrĂ©sident Pierre Mennesson ont su mettre en Ćuvre un accueil en tout point parfait pour ce rassemblement organisĂ© chaque annĂ©e par la mĂ©diathĂšque dĂ©partementale du Conseil dĂ©partemental de maniĂšre itinĂ©rante dans le Cantal. Merci Ă Bruno Faure, ValĂ©rie Cabecas, Marie-Helene Chastre et aux Ă©quipes du Conseil dĂ©partemental pour avoir organisĂ© ce salon Ă Pleaux cette annĂ©e.

Câest pour moi lâoccasion de mettre en exergue les droits imprescriptibles du lecteur proposĂ©s par Daniel Pennac. Ces droits, que nous nous octroyons volontiers nous, lecteurs adultes, parents, enseignants, nous devons aussi les accorder impĂ©rativement aux jeunes que nous prĂ©tendons initier Ă la lecture.

Le droit de ne pas lire : MĂȘme si ce premier droit peut faire hĂ©risser les poils, il faut reconnaĂźtre que des personnes tout Ă fait respectables ne lisent pas âŠ. Câest de la tolĂ©rance. Quant aux jeunes gĂ©nĂ©rations, Pennac nous dit bien que notre devoir est dâĂ©duquer les enfants, de les apprendre Ă lire en les initiant Ă la littĂ©rature pour leur donner les moyens de juger librement plus tard sâils Ă©prouvent ou non « le besoin des livres ». Bref, de leur montrer Ă voir et de leur laisser la libertĂ© de saisir ce plaisirâŠ

Le droit de sauter des pages : On peut en particulier penser au travail des Ă©diteurs jeunesse qui produisent de plus en plus dâoeuvres classiques abrĂ©gĂ©es, allĂ©gĂ©es ou revisitĂ©es⊠câest mieux que de passer Ă cĂŽtĂ© dâun livre.

Le droit de relire : Quand on a apprĂ©ciĂ© un ouvrage, câest avec plaisir quâon aime le relire, quoi de plus naturel. Câest agrĂ©able de retrouver les Ă©merveillements et sensations dâune belle lecture.

Le droit de lire nâimporte quoi : Pennac insiste sur les livres de qualitĂ©. Il y a selon lui, les bons et les mauvais romans. Et Pennac nous affirme que les bons romans prennent au final le dessus dans notre vie de lecteurs.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible) : Le terme « bovarysme » fait directement rĂ©fĂ©rence Ă un grand classique : Madame Bovary de Gustave Flaubert. La pauvre Emma Bovary ne trouvait satisfaction que dans la littĂ©rature, au dĂ©triment de sa vie qui lâennuyait au plus haut point. Seules ses lectures romantiques la transportaient, la faisaient rĂȘver, et donnaient un sens Ă son insipide existence. Ainsi, tomber dans le bovarysme, quand on lit, câest ressentir nos nerfs qui vibrent, notre coeur qui sâemballe, sâidentifier au personnage tous azimuts, se laisser porter par le livre, lâhistoire avec plaisir, avec dĂ©lice.

Le droit de lire nâimporte oĂč : Dans les toilettes, dans les transports, dans la salle dâattente du mĂ©decin, dehors sous la pluie, chez soi, au bureauâŠ. Peu importe, tant que le plaisir de lire est lĂ et que nous arrivons Ă nous concentrer sur la lecture.

Le droit de grapiller : Câest le fait de prendre nâimporte quel ouvrage de la bibliothĂšque pour lire ou relire un passage, au hasard ou bien Ă un endroit prĂ©cis, et sây plonger un instant.

Le droit de lire Ă haute voix : Tout en faisant preuve dâun minimum de respect pour autrui, on peut prendre beaucoup de plaisir Ă lire tout haut. Cela requiert des compĂ©tences autres : lâintonation, le rythmeâŠ.

Le droit de nous taire : Et bien sĂ»r, nous pouvons refuser de lire Ă voix haute car la lecture silencieuse, dans notre tĂȘte nous convient mieux.
Bonnes lecturesâŠ