Le coût de la dette bondit, la France emprunte désormais à 10 ans à 4 %, soit le plus haut taux de t…

17 août 2026

❗️🧮❗️Le coût de la dette bondit, la France emprunte désormais à 10 ans à 4 %, soit le plus haut taux de toute l’Europe.

❗️C’est une nouvelle alerte, peut-être l’ultime pour enfin engager une réforme systémique que nous avons par paresse trop longtemps collectivement repoussée, et pire, depuis 10 ans sans cesse aggravée!

❗️C’est en effet du jamais vu depuis 2009. Le taux d’emprunt de la France à 10 ans dépasse 4 % depuis vendredi dernier. L’état d’alerte estival est sur nos forets, notre climat, mais aussi sur notre dette! Il atteignait ce lundi en fin d’après-midi 4,05 %. La France doit désormais rémunérer sa dette à un taux supérieur à celui de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce. C’est un nouvel avertissement !

❗️Le cap franchi par les obligations de l’Hexagone est d’abord le résultat d’un mouvement international. La remontée des coûts de l’énergie, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, réveille le risque d’une hausse des prix plus durable. Les marchés s’inquiètent de l’inflation résultant de la guerre alors que les perspectives de paix semblent toujours plus incertaines entre Washington et Téhéran. Ils ont revu à la hausse leur estimation des taux directeurs à venir : la Banque centrale européenne pourrait différer ses baisses de taux, voire maintenir plus longtemps une politique restrictive. Les investisseurs réclament donc une rémunération supérieure pour prêter à long terme. Mêmes inquiétudes aux États-Unis, où le nouveau patron de la Fed, Kevin Warsh, récemment nommé par un Donald Trump obsédé par la baisse des taux, n’est pas près de desserrer la politique monétaire américaine.

❗️Le mouvement est toutefois d’abord européen. Depuis juillet, les marchés obligataires ont subi une vague mondiale de ventes, ce qui a fait reculer le prix des obligations et grimper les rendements des dettes d’État, qui sont parfois restées perchés à des sommets en ce début de semaine. Le taux d’intérêt allemand à échéance 10 ans, la référence en Europe, atteignait ainsi lundi 3,20 %, au plus haut depuis 2011. Les investisseurs s’attendent à ce que l’inflation et les taux d’intérêt restent élevés plus longtemps.

❗️Mais le cas français ne se réduit pas à ce contexte global. L’écart de rendement entre l’OAT (obligation du ­Trésor) à 10 ans et le Bund allemand avoisine 80 points de base, un signe que les investisseurs exigent une ­rémunération supplémentaire pour détenir de la dette française. L’enjeu est budgétaire : avec une dette publique de 3 500 milliards d’euros, la hausse graduelle du coût moyen de financement finit par se transformer en charge d’intérêts durable et lourde. Le rapport de la mission sur la transparence des finances publiques à l’horizon 2030, dirigée par des économistes indépendants et publié en juillet 2026, alerte sur la dérive continue des comptes publics. Je le fais, et le Senat le fait, depuis déjà longtemps. C’est le drame français !
À politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2027 et près de 7 % en 2030, tandis que la dette publique dépasserait 130 % du PIB, soit une hausse de plus de 10 points en quelques années. Et la charge de la dette augmenterait d’environ 10 milliards d’euros par an d’ici à 2030. Pouvant désormais allègrement approcher les 125 milliards d’euros par an, soit le premier budget de la nation, et près de 30% du budget de l’Etat❗️Ce fardeau devrait déjà peser dès cette année 78 milliards d’euros, soit davantage que le budget de l’Éducation nationale (hors retraites des enseignants).

❗️La défiance des marchés tient aussi à l’incertitude politique. Les investisseurs voient mal comment un Parlement français fragmenté pourra engager, à l’approche de la présidentielle de 2027, un effort crédible et suffisamment rapide de réduction du déficit. Le problème n’est pas tant la capacité immédiate de la France à rembourser — elle conserve une vaste base fiscale (hélas❗️), une économie diversifiée et l’appui de l’euro — que l’absence de visibilité sur la stabilisation de ses comptes. Celle-ci est chaque année, chaque jour, moins crédible !

❗️Résultat, l’écart avec les pays du sud de l’Europe est marqué. En Espagne, le taux à dix ans reste proche de 3,65 %. À Rome, en recul marqué depuis fin 2023 lorsque le rendement de la dette italienne tutoyait les 5 %, il se contente de frôler les 4 %. À Athènes, très loin des sommets atteints lors de la grande crise grecque, le taux des obligations à dix ans s’établissait lundi à 3,8 %. Le Portugal se situe encore plus bas, à 3,54 %.

❗️Ce renversement ne signifie pas que les fragilités italiennes ou grecques ont disparu ni que ces pays sont devenus des signatures sans risque. Mais la comparaison avec la France leur devient plus favorable❗️En Italie, la prime de risque est contenue par une amélioration relative des comptes et une stabilité politique meilleure que dans l’Hexagone. Rome avait pour la première fois emprunté moins cher que Paris à l’automne 2025.

❗️L’Espagne profite d’une croissance dynamique et d’une consolidation budgétaire plus crédible. La Grèce récolte les effets d’années de redressement financier, avec une dette en baisse par rapport au PIB, une croissance affirmée et un retour graduel dans le cercle des emprunteurs jugés plus solides.

❗️Pour les investisseurs, le sujet n’est plus seulement le montant de la dette, mais la capacité d’un pays à stabiliser sa trajectoire budgétaire et à produire un consensus politique. Sur ces deux terrains, Paris inspire aujourd’hui moins confiance que des États longtemps considérés comme plus risqués. Le marché obligataire envoie de fait un avertissement : la signature française ne bénéficie plus automatiquement de son ancien statut, jusqu’ici privilégié.

❗️Ainsi, la France est désormais le plus mauvais élève européen, et pire, ne présente aucune assurance d’amélioration de sa situation quand on voit la nature des propositions des principaux candidats à la présidentielle.

❗️Le moment de vérité approche et il va être d’autant plus douloureux qu’aucune inflexion sérieuse ne sera donnée pour 2027.
Ainsi le coût de notre dette abyssale va obliger à sortir du déni et à enfin faire des choix courageux de baisse drastique de nos dépenses courantes, qui concernera chacun, d’autant que nous devons engager des efforts d’investissement (transition climatique, défense, IA, démographie…) pour lesquels nous n’aurons aucune capacité d’endettement, bien au contraire.
Les choix vont être plus que limités et devront d’abord concerner la sphère sociale et l’amaigrissement d’un État qui doit enfin se concentrer sur le régalien et assurer une mission d’aménagement du territoire abandonnée depuis plus de 40 ans alors que ce ne sera justement qu’à partir des territoires, des villes moyennes, de la ruralité, qu’il sera possible de reconstruire la confiance.
Le prochain quinquennat sera celui de l’effort juste mais aussi d’une reconstruction qui doit mobiliser tout un pays au service de sa jeunesse autour d’un projet certes rigoureux mais aussi vertueux à l’image de ce que la France a su faire en 1958.

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