Le chaos climatique s’accélère : 2015 – 2025 les années les plus chaudes jamais enregistrées…

24 mars 2026

🌏 Le chaos climatique s’accélère : 2015 – 2025 les années les plus chaudes jamais enregistrées

🌊 Le « déséquilibre » entre l’énergie reçue et l’énergie renvoyée par la terre s’aggrave, et aura des répercussions pendant des centaines, voire des milliers d’année.

🌊 Le climat de la Terre connaît un « déséquilibre » inédit depuis le début des observations, alerte l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Dans son rapport sur l’état du climat mondial publié ce lundi, l’OMM confirme que 2015-2025 sont les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. La température moyenne mondiale était l’an dernier 1,43 °C au-dessus de celle de la période 1850-1900, avec son lot de chaleurs intenses, précipitations extrêmes et cyclones dévastateurs. La France a pour sa part connu des températures 2,5 °C plus élevées, selon de récentes données de Météo-France, l’Europe se réchauffant plus vite que le reste du monde.

🌊 L’OMM intègre dans son rapport un nouvel indicateur mettant en évidence ce « déséquilibre énergétique mondial » qui correspond à la différence entre la quantité d’énergie que la Terre reçoit du Soleil (et qui n’est pas directement réfléchie) et la quantité d’énergie qu’elle renvoie dans l’espace. Dans un climat stable, ce rapport est à l’équilibre ; mais avec la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone ou le méthane – qui ont atteint leur ­niveau le plus élevé « depuis au moins 800 000 ans » -, cet équilibre est ­rompu et toute la chaleur piégée ­« réchauffe les océans, les continents et l’atmosphère, et fait fondre la glace ». Comment se répartit cet excès de chaleur ? Selon l’OMM, qui reprend les travaux du Giec, environ 91 % de cette énergie excédentaire est absorbée par les océans, 5 % par les continents, 3 % par la fonte des glaces et 1 % seulement par l’atmosphère.

🌊 Cette répartition n’est pas vouée à évoluer radicalement, car elle dépend de la capacité calorifique des différents éléments du système climatique. La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA, rappelle le rôle majeur de l’océan dans la régulation du climat : « L’eau de mer se réchauffe en surface (+1 °C l’an dernier par rapport aux niveaux préindustriels) avant de plonger dans les profondeurs, ce qui conduit à un réchauffement de tout l’océan. » Et selon l’Organisation météorologique mondiale, le taux de réchauffement océanique de ces deux dernières décennies est plus de deux fois supérieur à celui observé au cours de la période 1960-2005.

🌊 Les eaux d’un océan qui se réchauffe se mélangent moins, donc s’oxygènent moins, et sont moins efficaces pour stocker du CO₂, rappelle aussi Valérie jMasson-Delmotte. C’est pourtant une composante cruciale de la machine climatique : entre 2015 et 2024, selon l’OMM, environ 29 % des émissions de CO₂ liées aux activités humaines ont été absorbées par l’océan, entraînant une baisse constante de son pH, donc son acidification. Ces bouleversements, tout comme la multiplication des vagues de chaleur marine, nuisent à la biodiversité, aux écosystèmes et à la production alimentaire issue de l’aquaculture des coquillages et de la pêche. Sans oublier l’impact du réchauffement sur la hausse du niveau des mers qui atteint 4,75 mm par an cette dernière décennie, contre 2,65 mm annuels en moyenne au cours de la période 1993-2011, phénomène largement accentué par la fonte des glaciers.

🌊 « Le déséquilibre énergétique de la Terre s’est accentué depuis le début des relevés d’observation en 1960, et en ­particulier au cours des vingt dernières années. Il a atteint un nouveau record en 2025 », remarque ainsi l’Organisation météorologique mondiale dans son rapport. La chaleur stockée sur Terre augmente donc, et à un rythme de plus en plus soutenu. Une accélération due à la hausse de la concentration des gaz à effet de serre, à une baisse ces dernières années des émissions de particules polluantes (qui ont tendance à renvoyer l’énergie du Soleil) ou au recul de la glace et son pouvoir réfléchissant, mais aussi à d’autres phénomènes encore à l’étude comme une diminution de l’effet parasol de certains nuages, indique la chercheuse française.

🌊 « Le chaos climatique s’accélère et toute tergiversation sera fatale », déclare le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans une réaction au rapport, appelant les pays à l’action pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. « Les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d’années », prévient Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale.

🌊 Ce constat d’accélération va dans le même sens qu’une récente étude publiée dans la revue scientifique Geophysical ­Research Letters, suggérant que le réchauffement climatique s’est accéléré de manière « statistiquement significative » depuis 2015, la hausse des températures étant estimée à environ 0,35 °C sur la dernière décennie contre un peu moins de 0,2 °C par décennie en moyenne entre 1970 et 2015. Mais ces travaux « n’évaluent pas si la réponse du climat est amplifiée (autrement dit s’il surréagit) par rapport à la perturbation due aux activités humaines », note ­Valérie Masson-Delmotte. Elle rappelle néanmoins que la trajectoire d’évolution de la température de surface reste « tout à fait cohérente » avec les projections du dernier rapport du Giec.

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