🧮 Budget 2027 : l’« année blanche » pour tous, seule véritable solution.
🩸 Alors que le budget 2027 se prépare dans les couloirs de Bercy, l’idée d’un gel général des dépenses indexées sur l’inflation, en particulier des prestations sociales, revient dans le débat. C’est heureux car dans le contexte politique de la France, c’est bien là encore la moins mauvaise des solutions pour 2027 avant de tout rebaser au lendemain des présidentielles.
🩸La non indexation généralisée pour tous, sans exception pour être un tant soit peu acceptable est la manière la plus efficace de faire des économies. Le débat sur les augmentations, les indexations automatiques indifférenciées, doit rapidement être tranché, parce qu’à chaque fois qu’on augmente de manière automatique et indifférenciée, ça se fait au détriment d’investissements indispensables.
🩸Mais je reste encore inquiet quant à la réalité des intentions du gouvernement en la matière, tant les ministres de Bercy se gardent d’utiliser le terme « année blanche ». Rappelons nous en effet que cette orientation présentée il y a un an par l’ex-Premier ministre François Bayrou, n’a jamais été mise en œuvre. La mission confiée par le gouvernement à quatre économistes indépendants sur les perspectives des finances publiques (cf. un de mes précédents posts) pousse elle aussi pourtant dans le même sens. C’est en effet la seule mesure qui peut éviter une nouvelle dérive de nos finances publiques dans le contexte d’une absence de majorité à l’assemblée nationale, exacerbée par la campagne présidentielle.
🩸Dans leur rapport remis mi-juillet, Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla jugent « indispensable de documenter les effets […] d’une suspension, sur un an ou plus, de toutes les clauses d’indexation », hors minima sociaux. « A court terme, une désindexation dans le cadre d’une ‘année blanche’ ne devrait pas être a priori exclue en 2027 », affirment-ils. Dans une interview aux « Echos » début juillet, le président du Medef, Patrick Martin, a lui aussi réclamé une année blanche sur les prestations sociales.
🩸Si l’idée fait son retour, c’est que, sauf mesure corrective, l’inflation, mesurée à 2,1 % en juillet par l’Insee, pèsera lourdement l’an prochain sur les comptes publics. Or les finances publiques sont déjà dans le rouge écarlate. La cible d’un déficit à 5 % du PIB cette année sera plus que difficile à atteindre, en raison des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. On le sait déjà le déficit devrait encore filer, alors que tous les autres pays européens ont su revenir sous les 3% depuis déjà deux ou trois ans.
🩸La France devra accomplir un effort de 125 milliards d’euros d’ici à 2032 pour stabiliser sa dette. De nombreuses dépenses sont indexées sur l’évolution des prix, comme les pensions de retraite, les prestations familiales, les allocations logement (via l’indexation des loyers), le RSA, etc. Dans ce contexte, geler les dépenses alors que l’inflation gonfle les recettes réduirait mécaniquement le déficit. Selon mes calculs, fondés sur l’hypothèse d’une inflation de 2,7 % fin 2026, une année blanche sur les prestations sociales, hors minima sociaux, rapporterait 12,5 milliards d’euros l’an prochain, dont 11 milliards d’euros rien que pour les pensions de retraite (complémentaires incluses).
🩸Le gel du barème de l’impôt sur le revenu permettrait d’engranger 4 milliards d’euros supplémentaires et celui du barème des allègements de cotisations patronales 2 milliards. L’année blanche proposée par le plan de François Bayrou l’an dernier devait rapporter 7,1 milliards d’euros, gel du barème de l’impôt sur le revenu inclus, en raison d’une inflation alors moins élevée. On le voit, l’intérêt pour nos finances publiques serait plus grand encore en 2027.
🩸Cette solution a le mérite de l’efficacité et de la simplicité. L’année blanche, ce n’est pas la méthode la plus intelligente. Mais à court terme, c’est un des meilleurs moyens d’arrêter l’hémorragie. Cela a le mérite d’être clair, de s’appliquer à tous et de réduire les dépenses, même si cela ne suffit bien sûr pas.
🩸Mais cela ne manquera sans doute pas de soulever des débats houleux à l’Assemblée lors de la discussion budgétaire. Pourtant je crois que c’est la seule mesure un peu courageuse qui puisse nous éviter de dévisser encore davantage et de nous éviter des mesures encore plus draconiennes, peut être même imposées par l’extérieur, demain. À une condition que l’année blanche s’applique à tout et à tous, hors minima sociaux.
À suivre …



