☢️ On ne pourra plus continuer comme avant…
🔸Les Canicules ont un impact sous-estimé, la hausse des taux d’intérêt de la dette tout autant, les attentes des Français restent trop ignorées et les agitations politiques nationales trop éloignées des attentes du pays réel… On ne pourra plus continuer comme avant.
🔸Nos instruments de mesures ne sont plus adaptés. C’est d’abord le cas pour le PIB. Je l’ai déjà dénoncé dans mes travaux à la délégation à la prospective du Sénat, c’est désormais une évidence.
🔸Le gouvernement a publié mercredi son évaluation de l’effet des canicules estivales sur l’activité économique : elles auront diminué de 0,1 % la croissance de cette année, avec les données aujourd’hui disponibles et travaillées par le Trésor. L’agriculture concentre la quasi-totalité de la perte de valeur ajoutée, avec des pertes de rendement très élevées par exemple pour le maïs (-35 %) et les productions de légumes.
🔸Ce chiffre est a priori anecdotique, comme si la France pouvait absorber sans trop de dommages ces températures record, cette sécheresse impressionnante et ces incendies dévastateurs sur des surfaces inédites. Certes, un dixième de point sur une croissance qui stagnera autour de 0,5 %, ce n’est pas rien. Mais cette évaluation étonne dans un pays qui n’a parlé que de cela entre la fin mai et la mi-août.
🔸C’est que ces données – un coût de 3 milliards quand la ministre de la Transition écologique parle de 10 à 15 … – ne veulent pas dire grand-chose. De même qu’une réparation après un accident de la circulation a l’air d’une bonne nouvelle économique, les ventes record de ventilateurs et climatiseurs (6,5 millions sur la période mai-juillet selon NielsenIQ) ont compensé la baisse d’autres achats. La croissance ne comptabilise pas non plus les destructions des bâtiments (retrait-gonflement des argiles, à venir) et de forêts. Sans oublier la facture du plan de sauvetage indispensable et pourtant sans doute insuffisant que le gouvernement finalise pour les agriculteurs.
🔸La réalité est que l’indicateur du produit intérieur brut (PIB) reflète très mal les effets du changement de climat, ne serait-ce que parce qu’il n’est pas un indicateur de bien-être. Des dizaines de millions de personnes ont souffert à un plus ou moins grand degré, certaines ont perdu la vie et l’idée que chacun se fait de l’été a au minimum été bouleversée. La conclusion à ne surtout pas tirer de ce petit 0,1 point en moins est qu’il serait rassurant.



