Canicules, mégafeux : l’impasse de l’infantilisation citoyenne….

29 juillet 2026

✍️ Canicules, mégafeux : l’impasse de l’infantilisation citoyenne.

👉Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. À la fois impossible à tenir, et profondément déresponsabilisant.

👉Hydratez-vous ! Bannissez tout effort ! Ne jetez pas de mégots ! Evitez les barbecues ! Avec les canicules et, maintenant, les mégafeux, l’Etat multiplie urbi et orbi les messages de prévention. Ces injonctions maternantes tranchent avec le courage des pompiers, l’audace individuelle et l’engagement des élus locaux face à des incendies convectifs inédits en France. Ce sont eux qui tiennent notre pays. Je veux bien sûr apporter tout mon soutien à tous ces acteurs de « première ligne, de proximité » qui sauvent. Je veux aussi bien sûr adresser à toutes les victimes, aux déplacés, à ceux qui ont tout perdu et qui seront durablement marqués par ce drame mon soutien et ma compassion. Mais je veux aussi que nous tirions des enseignements de ce enieme épisode de dérèglement non seulement climatique mais aussi démocratique.

👉En effet, ces injonctions détonnent avec la sidération provoquée par des phénomènes météo qui échappent même aux modèles des scientifiques. Elles jurent aussi par leur tonalité, plus infantilisante que défensive, alors que les risques systémiques s’enchaînent.

👉Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Cette religion de la protection absolue – « quoi qu’il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse, emportée par la vague montante des sinistres (naturels, sanitaires, technologiques, géopolitiques), la dette abyssale qui étouffe l’action publique et un centralisme bureaucratique obsolète. Le risque zéro, fiction déjà intenable par temps calme, se révèle un mensonge impossible à tenir lorsque la tempête paraît. Pire, cette illusion fragilise une société rendue vulnérable par une administration à la fois omnipotente et impotente.

👉Il ne s’agit pas pour le gouvernement d’abandonner les réfugiés du feu, bien sûr. Mais bien de faire des citoyens, trop souvent traités en êtres immatures et irrationnels, un levier supplémentaire dans des combats voués à proliférer. À ce titre, comme beaucoup, j’ai trouvé l’attitude de la Préfète de Gironde pour le moins désinvolte pour ne pas dire plus, tranchant notamment avec celle particulièrement juste et forte du Prefet des Landes. Démontrant une fois encore, que ce sont les personnes qui comptent et libèrent et les systèmes qui enferment. La protection civile passe par une plus grande responsabilisation citoyenne et par la décongestion du pouvoir central. Pas par la culpabilité ou la moraline… Plutôt que d’attiser la polémique et de multiplier les annonces (même s’il y aurait à dire, mais l’heure n’est pas à la polémique), il convient de réhabiliter la culture du risque et à renforcer l’autonomie des Français. Emancipons-nous ! Autonomisons-nous !

👉Dans les crises, hier lors du Covid, aujourd’hui face aux incendies, les citoyens, les maires, prennent des initiatives, sont en première ligne. Ils ne sont plus bridés par la norme et la règle, imposées par un État « nounou » qui hélas reprend très vite ses prérogatives ensuite. Le drame que nous vivons en Gironde et ailleurs, doit permettre de nous libérer des carcans, de reprendre possession de notre avenir.

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