‍ Synthèse des travaux de notre délégation à la prospective autour du thème : Quelles valeurs…

1 juillet 2026

🏛️👁️‍🗨️🏛️ Synthèse des travaux de notre délégation à la prospective autour du thème : Quelles valeurs en 2050 ? : « Imaginer le futur pour ne pas le subir ».

👁️‍🗨️Les sociétés ne se transforment pas seulement sous l’effet des crises, des innovations ou des contraintes économiques. Elles évoluent aussi en fonction des valeurs qu’elles choisissent de défendre, de transmettre et d’incarner. Parce que ces valeurs orientent nos décisions collectives sans toujours être explicitement formulées, elles méritent aujourd’hui d’être interrogées.
Les travaux que nous avons conduit et présenté partent d’une conviction simple : l’avenir n’est pas écrit. Les évolutions actuellement à l’œuvre peuvent conduire à des trajectoires très différentes. Certaines pourraient renforcer la liberté, la solidarité, la démocratie et l’attention portée au vivant. D’autres pourraient, à l’inverse, fragiliser progressivement les fondements de notre modèle social, démocratique et humaniste.
En mettant en lumière les risques d’effritement qui accompagnent certaines tendances déjà observables, cette réflexion prospective n’a pas pour vocation d’annoncer ce qui adviendra. Elle vise au contraire à rendre visibles les choix qui s’offrent à nous.
Car c’est en prenant conscience des futurs possibles – y compris les moins souhaitables – que nous nous donnons collectivement la capacité de préférer un
modèle de société à un autre et d’agir pour le faire advenir.
Nous (les rapporteurs des quatre volets de ce travail prospectif) affirmons ainsi : « Le plus grand risque pour notre avenir n’est pas de choisir le mauvais modèle de société ; c’est de laisser les évolutions en cours choisir à notre place. »

👁️‍🗨️Que peut-on faire dès 2026 ?
Les scénarios prospectifs ne décrivent pas seulement des organisations institutionnelles différentes. Ils donnent à voir des expériences de vie profondément distinctes. Dans chaque cas, la même situation
– protéger les plus vulnérables, s’informer, décider ensemble durant un épisode de chaleur extrême – révèle le modèle de société sous-jacent.
La question n’est donc pas seulement de savoir à quelles crises nous serons confrontés en 2050. Elle est de savoir avec quelles valeurs, quelles institutions et quelles formes de solidarité nous choisirons d’y répondre.
A nos yeux, parmi les 4 scénarios construits comme modèle (voir slide joint), c’est le scénario 3, celui de « l’imagination », qui est le seul pleinement désirable : celui d’une Renaissance démocratique fondée sur des valeurs humanistes élargies et sur une individualisation qui émancipe au lieu d’isoler.
Ce scénario n’adviendra pas sans mesures préparatoires.
Nous en tirons 4️⃣ priorités et 1️⃣ proposition de rupture.

1️⃣ L’école d’abord, et l’esprit critique comme boussole : Faire de l’esprit critique un enseignement identifié et évalué dès le collège : éducation aux médias, au traitement de la donnée et au raisonnement, par des mises en situation concrètes ; et protéger ceux qui le transmettent : revaloriser et sécuriser les enseignants, défendre les autorités scientifiques face au relativisme et à la post-vérité.
Dans une société saturée d’informations et d’intelligences artificielles, savoir douter n’est plus une qualité : c’est une compétence de survie démocratique.

2️⃣ Rendre à la République la maîtrise du temps long : Briser la tyrannie de l’immédiateté en conditionnant les grandes décisions publiques à une évaluation explicite de leur impact sur les générations futures, et en intégrant aux choix budgétaires des indicateurs de résilience écologique et sociale, au-delà du seul PIB.
Gouverner, c’est rendre des comptes non seulement aux électeurs d’aujourd’hui, mais également aux citoyens de 2050 qui ne votent pas encore.

3️⃣ Conquérir notre souveraineté narrative et technologique : Mener une politique assumée des récits et des imaginaires (culture, école, audiovisuel
public) pour fédérer les citoyens autour d’un projet démocratique commun et souverain, et n’admettre dans la sphère publique que des outils d’intelligence artificielle dont la compatibilité avec les valeurs démocratiques est vérifiée et opposable.
Qui maîtrise les récits et les algorithmes façonne les valeurs. Ce pouvoir ne se délègue ni aux puissances étrangères, ni aux plateformes privées.

4️⃣ Penser la protection sociale à l’aune des risques de demain sans mentir sur leur coût : En 2050, la protection sociale pourrait être étendue à de nouveaux risques, comme l’insécurité alimentaire et le dérèglement climatique. L’acceptation sociale de ces
mesures ne pourra être garantie que si leur financement est clairement indiqué, et que le périmètre de la solidarité collective est délimité.
Promettre de nouveaux droits sans en prévoir le financement dans la durée et donc la soutenabilité, c’est préparer la prochaine désillusion.

5️⃣ Sanctuariser l’enfance face au numérique :
Nous proposons l’interdiction de l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux, assortie d’une obligation de vérification d’âge opposable aux
plateformes, et appelons à sanctuariser l’école primaire et le collège comme espace sans smartphone. Plusieurs démocraties suivent déjà cette voie.
Nous interdisons l’alcool et le tabac aux mineurs au nom de leur santé physique. Protéger leur santé mentale et leur capacité d’attention relève de la même responsabilité. Ce n’est pas une atteinte à la liberté : c’est la condition de leur liberté future.

👁️‍🗨️ À retrouver sur le site du Sénat.





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